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Pas de tours à Levallois-Perret…

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Levallois-Perret : Patrick Balkany renonce à ses tours

Inquiétude des habitants, pétitions, registres d’enquêtes publiques débordant de remarques… Face à l’hostilité provoquée par ses projets de tours, le député-maire (UMP) a jeté l’éponge.

Matthieu Pelloli | Publié le 27.09.2011, 07h00

La construction des tours jumelles avait déjà été enterrée en juillet. Depuis hier soir, c’est aussi le cas pour les tours Marignan et Cetelem. | LPi – R.S.  

Coup de tonnerre hier soir au conseil municipal de Levallois quand Patrick Balkany, le maire (UMP), a lu aux élus la lettre que tous les Levalloisiens trouveront ce matin dans leur courrier : « A votre écoute, j’ai décidé de mettre un terme aux projets de tours […]. En accord avec les entreprises qui sont nos partenaires sur ces opérations, ces terrains accueilleront donc des immeubles respectant le gabarit des constructions environnantes, ce qui permettra de poursuivre la nécessaire rénovation des quartiers concernés en répondant au vœu des riverains.

Depuis le dévoilement en mai dernier d’un plan local d’urbanisme (PLU) faisant clairement le choix des immeubles de grande hauteur avec quatre projets de tours, la mobilisation contre les gratte-ciel était considérable. Les opposants — des associations de riverains mais aussi des élus des environs — s’inquiétaient de l’impact des buildings, notamment en termes d’ombre portée.

Première victoire fin juillet, quand la municipalité renonce à ses tours jumelles de 164 m sur les bords de Seine. Et capitulation définitive hier soir, avec l’abandon de la tour Cetelem (135 m de haut), à l’angle des rues Baudin et Anatole-France, à côté de la station de métro Pont-de-Levallois, et de la tour Bouwfounds Marignan (150 m), dans le quartier de la gare SNCF, à proximité immédiate de la place du 8-Mai 1945.

Hier soir, justement, il y avait beaucoup plus de monde que d’ordinaire sur les bancs du public au conseil municipal. Et Anne-Eugénie Faure, chef de file de l’opposition socialiste, est même parvenue à se faire applaudir par la grosse centaine de personne présentes lorsqu’elle a pris la parole — fait rare à Levallois ! « Le maire a eu peur de la réaction des habitants et notamment de la mobilisation de l’électorat de droite, qui craignait pour son patrimoine, détaillait-elle dans la soirée. Un appartement dans la commune, il faut savoir que c’est l’investissement d’une vie, vingt-cinq ans d’endettement… Les gens n’ont pas envie de voir leur bien immobilier dévalorisé par les tours. Et puis ils en ont assez de vivre dans les travaux depuis vingt-cinq ans! » Même son de cloche chez Loïc Leprince-Ringuet, leader de l’opposition (DVD), saluant « la victoire de la démocratie et l’utilité d’une opposition de droite constructive ».

Patrick Balkany, lui, renonce non sans quelques regrets : « Certaines des craintes exprimées étaient à l’évidence le résultat de rumeurs polémiques et d’informations aussi inexactes qu’alarmistes entretenues et amplifiées par des adversaires politiques non dénués d’arrière-pensées électorales. »

Mais l’édile, sensible aux « appréhensions » de ses administrés, a jugé plus viable de faire machine arrière. Un choix qui ramène le calme dans la commune sans résoudre tous les problèmes. La vente des droits à construire devait rapporter plusieurs dizaines de millions d’euros. Qu’il va falloir trouver ailleurs. Rapidement.

Le Parisien

 

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Présentation Plan de Renouveau de La Défense

Compte rendu de la Présentation Plan de Relance de La Défense du 26 mars 2011

Samedi 26 mars 2011, Tour OPUS (de 10:30 à 12:30) : M. Philippe CHAIX (directeur général de l’EPADESA) a fait un nouveau point sur le plan de Renouveau.

Une soixantaine d’habitants de La Défense, notamment de la Résidence des Damiers et des riverains du site de la tour Phare, étaient présents. A également été aperçu M. Accart (espace public et environnement de la Ville de Courbevoie). Réunis autour de la maquette de La Défense, agrémentée de tous les projets, M. CHAIX a (re)présenté lesdits projets en n’émettant que peu de doute quant à la viabilité des constructions prévues. Cependant, si le recours contre le projet « AVA » a été évoqué, une certaine – et toute nouvelle – retenue a été notée en ce qui concerne le projet « HERMITAGE PLAZA ».

Dans les grandes lignes de cette présentation :

RD7HERMITAGE PLAZA*

Marquant un net recul face à ce projet (une première !), le directeur général de l’EPADESA a évoqué « la couverture de la RD7 » (route rive gauche bordant la Seine, baptisée « Quai Paul Doumer ») expliquant que ce projet non finalisé était très compliqué. Il a en effet confirmé que tout un réseau de galeries techniques (gaz, eau, etc.) à respecter, posait problème, avant de passer le message suivant : si le projet (public) de la couverture de la RD7 n’était pas réalisable, le projet (privé) Hermitage ne pourrait pas se faire (et vice versa).

Reconnaissant « quelques » problèmes techniques concernant le projet des tours jumelles, M. CHAIX a évoqué une probable révision à la baisse (hauteur) afin de satisfaire la réglementation des servitudes aéronautiques (DGAC).

Poursuivant sur sa lancée, le directeur général de l’EPADESA a affirmé que seuls les avions du Bourget survolaient La Défense à 6,000 m. d’altitude ! Une affirmation qui a fait bondir puisque, comme chacun le sait, les avions de ligne (RCDG et Orly) survolent quotidiennement et continuellement La Défense, et à bien moindre altitude. Le courrier de la DGAC (voir ci-dessous) concernant le projet PHARE fait part de ces aéroports (RCDG & Orly) et met également en avant d’autres contraintes. Par ailleurs, selon nos sources, la « hauteur et ces autres contraintes » ne seraient pas les uniques problèmes soulevés par la DGAC à propos des jumelles.                                                                                                                  nb : à aucun moment M. CHAIX n’a fait allusion aux recours actuels… Trop dérangeants peut-être.

Avis DGAC tour PHARE : Avis DGAC Tour Phare 21.06.2010 surligné

Bien évidemment, le sempiternel   «relogementdoitsefairemaisdansdemeilleuresconditions » a encore été remis sur le tapis par une habitante. Une (bien trop) lourde insistance alors que ce délogement de force est illégal ; qu’il vide des immeubles de leurs habitants légitimes ; qu’il prive ces mêmes habitants de leurs droits les plus élémentaires ; qu’il fragilise l’avenir de tous les habitants et commerçants du quartier ; mais… qui fait place nette et laisse la part belle aux instincts les plus spéculateurs !

La perte d’ensoleillement, la vitesse des vents, la proximité des 6 tours (les jumelles + quatre autres plus petites) par rapport aux Damiers de Champagne ont également été évoqués.

M. CHAIX, visiblement énervé, a balayé le sujet lançant un virulent : « L’endroit n’est pas une tribune pour les Damiers !». Merci Monsieur. Les habitants visés souhaitent vivement que vous viviez la même chose qu’eux sans avoir votre mot à dire.

Enfin, des Courbevoisiens présents ont suggéré l’idée de déplacer ce projet à Nanterre. Réponse catégorique de M. CHAIX : « Le Maire de Nanterre (M. Jarry) s’y oppose formellement ! » Dans la salle, applaudissements et clameurs : « Nous voulons un maire comme celui de Nanterre ! »

Autre sujet de fâcherie : les comptes de l’Etablissement Public. L’un des présents a demandé quel était l’intérêt financier de l’EPADESA face à tous ces projets. M. CHAIX a répondu que les projets étaient très rentables pour l’Etablissement Public vu que les investissements sont supportés par les promoteurs privés. Puis, un autre, a demandé si les comptes étaient consultables et où. M. CHAIX, tendu et appréciant fort peu la question, a affirmé que les comptes étaient transparents, que qui voulait pouvait venir les consulter et que pas un centime ne manquait dans les rapports d’activité. Mais au moment de partir, l’un de ces deux habitants a été rattrapé par une proche de M. CHAIX, celle-ci l’accusant violemment d’avoir eu des propos à la limite de la diffamation. Aujourd’hui, l’accusé n’en revient toujours pas !

Au cours de cette présentation, l’atmosphère était encore plus tendue qu’à l’accoutumée. La critique est peut-être facile et l’art peut être difficile, mais M. CHAIX n’est pas doté des mêmes qualités que son prédécesseur dans l’art de la communication. Celui-ci a d’ailleurs tenu des propos d’une incivilité peu commune à l’égard de certains de ses interlocuteurs, notamment face à une dame de l’association VILLAGE (projet Tour PHARE). Beaucoup ont été encore plus choqués qu’à l’accoutumée par l’attitude du fonctionnaire.

Ceci étant, tous les présents sont impatients d’assister à la prochaine présentation du Plan de Renouveau de La Défense.

* seul projet sous vitrine : une maquette des tours HERMITAGE PLAZA trône dans la galerie des projets de l’EPADESA (voir ci-dessous). Cette maquette ne respecte aucune échelle. Si celle-ci était juste, les jumelles seraient en réalité à fleur d’eau, l’espace de circulation entre les quatre tours seraient des goulets, la moitié des Damiers de Champagne disparaîtrait, etc..

SD, JAD, CAA

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« Bon sang! Mais pourquoi veulent-ils tellement ces tours ? »

Un article intelligent et sensé, écrit par trois architectes pleins de bon sens.

Bon sang 2008 06 06
Bon sang! Mais pourquoi veulent-ils tellement ces tours ?                                         
Que voulons-nous raconter par l’élévation dans le ciel d’un empilement de bureaux occupé par des sociétés commerciales et privées ? Notre admiration de l’argent ? Notre amour du marché ? Il est dommage que notre société se réduise à un tel devenir !

Denis Dessus, Isabelle Coste, David Orbach entendent que soit en premier lieu définit un « projet de civilisation ».

publié le 06 juin 2008


Parce qu’enfin toutes les études montrent que les gens n’en veulent pas ! Ils se sentent mal dedans et les trouvent vilaines. Elles ne plaisent pas, font immanquablement chuter tous les politiques qui les réclament et pourtant leur pouvoir d’attraction est d’une telle force que nos élus les plus soucieux de leur audience oublient subitement toute prudence électorale en face d’elles et s’obstinent à les vouloir ! Comme c’est étrange, si nous regardions cela ?

On reprochera avec raison aux grands groupes financiers, aux villes et pays en plein boum de vouloir démontrer avec ces tours leur opulence et leur leadership par cette symbolique un peu primaire. Après tout pourquoi pas ? La joie de viser haut peut être sport. Versailles était aussi une affirmation de puissance et nous vibrons toujours de son incroyable majesté. Il vaut mieux ça que de faire la guerre. Il n’y a donc, à priori, pas d’incompatibilité entre force et beauté, même si, c’est certain, leur conjonction en vertical, est rare.

Ne nions pas notre plaisir. Il faut aborder ces montagnes artificielles en tant que telles, jouir de ce qu’elles offrent, des magnifiques vues depuis les sommets sur un spectacle perpétuellement changeant, comme celui du haut d’une falaise vertigineuse. Le somptueux paysage de la ville, de ses lumières, de la météo sur des perspectives ouvertes par un immense horizon, n’est jamais lassant. Que le sommet de l’Empire State ait été si souvent utilisé au cinéma en démontre l’attrait romantique. Le public est attiré par le spectacle de la ville comme le démontre les millions de visiteurs de la tour Eiffel et des sommets des plus grandes tours du monde.

L’évolution des techniques, les nouveaux béton haute performance, les capacités de modélisation et de calcul permettent aujourd’hui une explosion des formes et une surenchère dans la hauteur avec des projets dépassant le kilomètre. Si se multiplient maintenant les oeuvres kitch ou carrément gag, selon la profondeur culturelle du couple promoteur-architecte, quelques-unes sont pourtant poétiques et esthétiques, il était temps.

Le rapport au sol est souvent déplorable et constitue la première carence urbanistique constatée. Si on entre dans les tours de Manhattan aussi facilement que dans un bâtiment haussmannien parisien, cela est bien plus compliqué avec les tours de la Défense à Paris qui n’ont pas su régler les stationnements en sous-sol et les flux automobiles et piétons. Le discours sur la densité est également à modérer. Il relève de l’alibi quand on le compare avec la structure urbaine traditionnelle de Paris intra muros où rien ne justifie réellement de telles constructions hormis les considérations symboliques évoquées. Autre critique, l’absence de prise en compte des caractéristiques locales, environnementales ou socioculturelles. La même tour est construite aujourd’hui à Miami, à Moscou ou à Séoul et si tout le monde sait ce qu’est « un immeuble parisien » ou « une maison chinoise », personne ne peut distinguer un « gratte-ciel canadien » d’un « gratte-ciel japonais ». Mais il y a plus grave, bien plus grave.

Le symbole. La tour de bureaux est une catastrophe symbolique. Les architectes ne s’intéressent plus à ces choses-là mais la grande hauteur dans une ville est l’emblème, le témoignage inoubliable de notre société toute entière. Autrefois l’église résumait la ville par son clocher. Entourée des maisons de mêmes matériaux qu’elle et les dépassant, elle était comme un berger habillé de laine et protégeant ses moutons. Magnifique image ! La verticale urbaine était l’expression construite de la foi de tout un peuple, de ce en quoi il croyait et qu’il plaçait au-dessus de tout. Les mosquées et leurs minarets dans le skyline des villes musulmanes affirmaient merveilleusement la même chose. Puis nous avons perdu notre confiance en Dieu et nous sommes tournés vers la Technologie: la Tour Eiffel a alors été construite de la sorte pour proclamer au monde l’excellence de notre savoir-faire technique.

Et aujourd’hui ? Aujourd’hui que voulons-nous raconter par l’élévation dans le ciel d’un empilement de bureaux occupé par des sociétés commerciales et privées ? Notre admiration de l’argent ? Notre amour du marché ? Comme il est dommage que notre société se réduise maintenant à un tel devenir ! Vraiment, avant de produire des tours, avant de s’occuper de leur esthétique et de leur consommation, entendons-nous d’abord sur un « projet de civilisation » qui nous transporterait tous. Voilà qui serait sage et glorieux car sans cela, nos gratte-ciels jusqu’aux plus talentueux ne peuvent pas cacher l’accablant vide de notre époque comme ils nous le montrent déjà assez et de loin. Vous nous avez compris, nous avons urgemment besoin d’un Grenelle National de l’Architecture. Un colloque ouvert à tous où l’on n’y parle surtout pas d’architecture quelle horreur, mais d’abord de nos vies à vivre (way of life). La belle architecture suivra, forcément.

Denis Dessus, Isabelle Coste, David Orbach architectes urbanistes, ingénieur.