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AXA vendeur des Damiers Anjou Bretagne en 2001 à Logistransports , et des Damiers Champagne et Dauphiné en 1998 aux locataires

« Les Russes gâchent pour 2 Mds de béton à La Défense »

Du Canard….

2014 12 10 CANARD ENCHAINE Les Russes gâchent pour 2 Mds de béton à La Défense

Très bon article. Soulignons tout de même qu’il ne s’agit pas de logements sociaux, mais de logements privés (et donc de baux privés loi 1989) curieusement acquis par le bailleur social LOGIS-TRANSPORTS (bailleur dont les statuts et les dispositions légales sont pourtant soumis à la loi 1948 !) en juillet 2001. La (très) longue bataille juridique engagée depuis des années par les résidants contre cette affaire à multiples tiroirs, a donc pour point initial une cession-acquisition -occulte et pour le moins singulière- d’un ensemble résidentiel privé et occupé, réalisée en 2001 entre un institutionnel privé (AXA) et un bailleur social (LOGIS-TRANSPORTS). Ce n’est qu’en 2008 que le groupe HERMITAGE est  entré en  scène.

… au Business

2014 12 10 BUSINESS IMMO Hermitage réagit à... p1

2014 12 10 BUSINESS IMMO Hermitage réagit à... p2Une réaction qui ne manque pas de sel…

nb : les habitants concernés n’ont aucun lien juridique ou autre avec le groupe HERMITAGE.

« Recours abusif » & « 600.000 € » : la Légende continue…

A la lecture de l’article du Parisien (voir post précédent), certains ont été agacés, d’autres nous ont (encore) interrogés, d’autres encore se sont demandés « pourquoi-comment? »…                                                                                                                 A priori, l’histoire, le combat de VIVRE A LA DÉFENSE, et les déclarations/allégations la visant, semblent juste être un bon exemple pour étayer la façon dont certains promoteurs agissent (pourraient agir) pour parvenir à leurs fins.                                                                                                     Cependant, une association reste une association et ne dispose que de cotisations, de dons et de participations. Si les lois de la République sont les mêmes pour tous, combats et communication ne se font donc pas à armes égales.

« Polémique sur l’occupation des HLM », 02.07.2012 LE PARISIEN

A quand un titre type : « Polémique sur les bailleurs sociaux qui acquièrent et gèrent des immeubles du secteur privé occupés« , avec l’affaire « Résidence des DAMIERS : AXA – LOGIS-TRANSPORTS – HERMITAGE » pour référence ?

Polémique sur l’occupation… – LP 2012 07 02

« (…) 25 milliards d’euros annuels accordés (…) »

Et que dire de la Sté LOGIS-TRANSPORTS qui a elle-même acquis 250 appartements occupés du secteur privé (Résidence des DAMIERS) en 2001 pour à peine 20 M€, qui les gère comme tels depuis, et qui met tout en oeuvre depuis plus de quatre (4) ans pour déloger les habitants (baux privés d’origine et actuels) de chez eux afin de revendre ces deux groupes d’immeubles 50 M€ à un investisseur-promoteur privé ?… Après avoir encaissé des loyers du privé –majorés d’augmentations « décidées en Conseil d’Administration de LOGIS-TRANSPORTS » (Adieu ICC ! Adieu IRL !…) – pendant des années, ce bailleur « social » ferait donc une plus-value de 250% en les cédant au groupe HERMITAGE (selon la « promesse de vente » signée en 2007)… Où est donc passé leur mission au « service de l’intérêt général » ?…

10 des logés en HLM gagnent plus de 4000€ par mois – 2012…

Délibéré Cour d’Appel de Paris 03 mai 2012

Comme nous le pressentions depuis l’audience en appel (Cour d’appel de Paris, 8 mars 2012), le tribunal a « déclaré irrecevable l’action exercée par l’association (VIVRE A LA DEFENSE) pour défaut d’intérêt à agir »… Un comble !!!

Le délibéré répond donc ainsi à l’entière volonté des sociétés mises en cause dans le recours déposé en août 2010 par l’Association (cf. nullité de la vente en 2001 d’immeubles privés occupés par des baux privés, par un institutionnel privé à un bailleur social, et nullité de la promesse de vente intervenue en 2007 au bénéfice du promoteur immobilier Groupe HERMITAGE (et donc, entre un bailleur social et un promoteur-investisseur privé)).

En effet, les Stés AXA, LOGIS-TRANSPORTS et la SNC LES LOCATAIRES (filiale de HERMITAGE SAS), redoutant d’aller au fond de cette affaire, avaient une solution toute trouvée : empêcher l’association VIVRE A LA DEFENSE de faire juridiquement valoir les lois d’ordre public et les droits des citoyens, et donc, coûte que coûte, faire déclarer son action irrecevable.

Le jugement rendu en appel est inique et encore plus surprenant que le délibéré rendu en première instance (cf. en septembre 2011) puisqu’il y est en grande partie question du projet HERMITAGE, alors qu’il aurait dû être uniquement question de la recevabilité de l’action de l’association.

Sur la recevabilité de l’action de l’association VIVRE A LA DEFENSE :

a)     son objet social a été  jugé « trop large » !!!

alors que l’objet social de l’association est, entre autres :  « la fédération, la gestion et la défense des intérêts des locataires et occupants des immeubles du quartier de La Défense », « la représentation et la défense des intérêts des locataires et occupants des immeubles du quartier (…) ». Faudrait-il que tous les occupants de La Défense soient adhérents de l’Association ? Exige-t-on de toutes les associations de France et de Navarre qu’elles regroupent toutes les personnes sans exception visées par leur objet social ?…                                                                                                                                              

et qu’elle a pour but : « de s’adresser et d’intéresser toute personne physique ou morale locataire ou occupante des immeubles d’habitation et à usage de boutique sis à LA DEFENSE ; et, plus généralement, de s’intéresser à l’amélioration des conditions de vie des riverains, de séjour des actifs ou des visiteurs du quartier de La Défense ; de les réunir et de défendre leurs intérêts. » 

b)    sa capacité juridique à déposer des recours en justice n’a pas été reconnue. Alors que les statuts de l’association précisent : « Tous moyens nécessaires ou utiles à la réalisation de ses objectifs se manifesteront par tous moyens légaux ».                                                                                                                                           

Le fait d’avoir recours aux tribunaux français n’est-il donc pas (plus) un moyen légal de se défendre ?

Nous rappelons également que les statuts de l’Association précisent à propos du Président  : « Il (le Président) la (l’Association) représente en Justice et peut se substituer à tout mandataire ». Et, juste au cas où certains tenteraient de mettre cette disposition en jeu, le fait d’avoir recours à la justice a également été voté à l’unanimité lors d’une Assemblée Générale (en juillet 2010) en présence d’un avocat qui en a attesté devant la Cour.

Dans le cadre de cette procédure d’appel, l’Association VIVRE A LA DEFENSE a, en plus des lois françaises et  la jurisprudence, évoqué l’article 13 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui dispose : « Toute personne dont les droits et les libertés reconnus dans la présente convention ont été violés, a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l’exercice de leurs fonctions officielles ».

Et donc « Exiger (…), que l’association VIVRE A LA DEFENSE ne puisse engager une action en justice que moyennant l’adhésion à ses statuts de tous les habitants du quartier de La Défense » apparaît ainsi non seulement contraire au principe constitutionnel de droit à un recours juridictionnel effectif, mais également au droit à un procès équitable, tel que prévu à l’article 6 §1 de la Convention européenne : « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle ».

Que depuis un arrêt en date du 21 février 1975, la Cour européenne des droits de l’homme a en effet posé le principe : « (…) il ressort que le droit d’accès constitue un élément inhérent au droit qu’énonce l’article 6 § 1. Il ne s’agit pas là d’une interprétation extensive de nature à imposer aux Etats contractants de nouvelles obligations : elle se fonde sur les termes mêmes de la première phrase de l’article 6 § 1 (…) ».

L’association VIVRE A LA DEFENSE a en outre fait état de la jurisprudence de la Cour de Justice des communautés européennes qui consacre également le droit à un recours juridictionnel effectif, ainsi que d’une décision du Conseil constitutionnel du 27 juillet 2006 qui n’a pas manqué d’ériger ce principe au rang de principe constitutionnel.

Ces dispositions de la Convention Européenne comme cette jurisprudence européenne, communautaire et constitutionnelle, ont été totalement occultées dans l’arrêt d’appel ! Ce délibéré ne les évoquant même à aucun moment !!!

Libre à chacun de penser ce qu’il veut de cette dénégation des droits applicables à tous les pays d’Europe et à toute personne (physique ou morale) de citoyenneté européenne…

D’autre part, ce recours n’a pas été jugé abusif. Aucun des recours déposés par l’association VIVRE A LA DEFENSE  n’a été jugé abusif, contrairement à ce que soutient M. ISKENDEROV, PDG du Groupe HERMITAGE, dans son récent communiqué qui titre de façon « abusive »: «Un recours abusif contre Hermitage Plaza sanctionné par la Cour d’Appel ».

a)     ce recours en appel portait sur la « recevabilité* de l’action de l’association VIVRE A LA DEFENSE quant à sa demande de nullité de la vente de 2001 (AXA – LOGIS-TRANSPORTS) et de la promesse de vente de 2007 (LOGIS-TRANSPORTS – SNC LES LOCATAIRES) » et non pas « contre Hermitage Plaza »,                                                                                                                                              

b)    ce recours n’a pas été jugé « abusif » que ce soit en première ou en deuxième instance.

Il est inutile de s’étendre d’avantage sur le restant de ce communiqué dont seul l’auteur est responsable.                                                                                                                 

* tous les tribunaux n’ont pas jugé les actions de l’association VIVRE A LA DEFENSE « irrecevable », bien au contraire.

Rappelons que l’Association VIVRE A LA DEFENSE défend l’intérêt collectif de ses membres et conteste à ce titre les actes notariés de 2001 et de 2007.

L’association et ses membres, victimes, ne se laisseront pas passer pour des coupables et leurs actions ne seront pas dénaturées !

Enfin, lors de l’audience en appel, le délibéré a été fixé au 12 avril 2012. Le 12 avril 2012, par bulletin daté du 11 avril, la Cour d’appel de Paris informait les parties qu’en « raison d’une difficulté majeure » le délibéré était  prorogé à la date du jeudi 3 mai 2012, sans plus d’explication… Que pouvait donc bien être  cette « difficulté majeure » ?

Si la volonté de faire taire l’association VIVRE A LA DEFENSE est de plus en plus manifeste, celle de vouloir l’épuiser financièrement est patente. Un sport facile pour ceux qui estiment que, dans un Etat de Droit, le fait d’avoir recours à un tribunal est uniquement réservé à ceux qui en ont les (gros) moyens. C’est à dire : eux-mêmes.

Les associations en général sont de réels gardes-fous contre les dérives qui menacent la population. Mais, la pression est en train de monter afin de limiter leurs actions au strict minimum ! Un comble dans un Etat de Droit et dit de Liberté ! (lire l’article « Tentative d’atteinte aux droits des associations (…) » d’ANTICOR du 30 avril 2012 sur http://anticor.org/ ou en pdf : Tentative d’atteinte aux droits des associations 2012 04 3…)

Pour terminer, rappelons, à toutes fins utiles, qu’il est  « interdit de démolir ou de faire démolir (…) » la Résidence des DAMIERS (cf. par jugement du TGI de Nanterre) jusqu’à ce qu’un accord entre les parties soit trouvé. Et ce jugement-là n’a pas été obtenu par VIVRE A LA DEFENSE puisque l’association savait, qu’en ce qui concerne ce point précis, elle n’avait pas « intérêt à agir » et que seule l’ASL pouvait y prétendre.

Sur ce, l’affaire continue… ainsi que notre combat.

nb :  l’association VIVRE A LA DEFENSE a été condamnée à payer 2000€ à chacune des trois parties adverses et aux dépens. LOGIS-TRANSPORTS a, quant à elle, été déboutée de sa demande en dommages-intérêts qui s’élevait à 10,000.00€. 

Bastaings et Bardages, modification des façades…

Depuis quelques jours, les façades inférieures du DAMIER d’ANJOU-INFRA (CH35) font l’objet d’un nouvel habillage. Etrange modification de l’aspect extérieur de la Résidence faite par fixation, à même les parements, de bastaings avant pose de bardages le long desquels court un long ruban rouge vif frappé du logo de La Défense Seine Arche (EPADESA) et des couleurs de la mairie de Courbevoie.                                                                                                                                     Quelle est la raison d’être de cette modification ? Aucune certitude sur le sujet…

Cependant, toute absence d’entretien et toute modification extérieure étant interdites (voir statuts de l’A.S.L.*), LOGIS-TRANSPORTS et la SNC LES LOCATAIRES ont reçu, par courriers d’avocat, demandes : a) d’explications quant au « curage-désamiantage » prévu, b) de suppression sous 48 heures des ouvrages modifiant l’aspect extérieur des façades… Courriers restés lettres mortes. Comme d’habitude, habitants, riverains et commerçants, sont tenus dans l’ignorance de ce qu’il se passe dans leur voisinage immédiat, voire même dans leur immeuble.                                                                                                                                               * Extrait : « (…) il est interdit à tout propriétaire ou ensemble de copropriétaires d’apporter des modifications à l’architecture ou à l’aspect extérieur des constructions composant ledit ensemble… , sans autorisation préalable donnée par l’assemblée générale de l’association syndicale. »

Officiellement :                                                                                                                                   Successeur « propriétaire »  d’AXA (Sté de droit privé), le donneur d’ordre est LOGIS-TRANSPORTS (Sté de droit social, filiale privée de la RATP, entreprise publique),                                                                                                                                 L’investisseur-promoteur est HERMITAGE (Sté de droit privé, maison-mère de la SNC LES LOCATAIRES (également de droit privé), et filiale de NAZVANIE, Sté de droit russe),                                                                                                             Partenaires actifs, EPADESA et Mairie de Courbevoie (de droit public). 

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E.D.O.

« Les tours Hermitage bloquées » Le Figaro 05 03 2012

Certes, la visibilité du Figaro n’a aucune mesure avec celle, bien plus restreinte, de Vivre à La Défense. Cependant, quelques rectifications semblent ici nécessaires…

 « (…) C’est que le promoteur russe, Nazvanie, qui s’est lancé dans cette aventure avec un projet dessiné par l’architecte star Norman Foster bute toujours sur le même problème: la démolition de trois immeubles de logement social dans le quartier des Damiers, à la place desquels sont prévues les tours Hermitage. »

Pour la énième fois : il s’agit d’immeubles privés, occupés par des baux privés et donc soumis à la loi de 1989, achetés en 2001 par un organisme social, LOGIS-TRANSPORTS (filiale de la RATP) soumis à la loi de 1948, sans que les habitants n’aient été avertis.

« (…) les copropriétaires des immeubles avoisinants (Champagne et Dauphiné) avaient obtenu l’annulation des permis de démolir en octobre 2011 devant le tribunal de grande instance de Nanterre. »

Par jugement du 13 octobre 2011, le TGI de Nanterre a prononcé l’interdiction de démolir les lots visés par les permis de démolir accordés puisque ceux-ci l’ont été en violation des statuts de l’ASL. Certes, HERMITAGE a fait appel.

« Mais ils se disaient prêts à renoncer à ces poursuites si Nazvanie leur faisait une offre acceptable. »

Tous ne se disent pas prêts à accepter une offre quelconque.

« (…) D’autant plus que, par ailleurs, il connaît quelques avancées significa­tives: selon nos informations, la dernière locataire de l’immeuble HLM, Damiers Infra, qui a mené une longue lutte pour rester dans les lieux, a finalement rendu les clés de son appartement vendredi soir. »

Comme expliqué à l’auteur de cet article, nous n’avons assisté à aucune scène « remise de clefs ».

« Vidé de tous ses occupants, cet immeuble pourrait être démoli immédiatement en cas d’autorisation par la justice. »

Cet immeuble ne pourra pas être démoli maintenant plus qu’avant. Même en faisant l’effort d’imaginer qu’un accord soit trouvé, il restera les recours contre les permis de démolir déposés d’une part par les syndics de copropriétés, d’autre part par l’Association, et enfin par les commerçants. En outre, cet immeuble n’appartient pas plus que les autres aux sociétés HERMITAGE-LES LOCATAIRES-NAZVANIE.

« (…) une association opposée au projet depuis son lancement et qui a déjà engagé de multiples procédures judiciaires contre Hermitage. »

Pour la énième fois, l’Association n’est pas opposée au projet en soi mais conteste les moyens de sa mise en place et la façon dont ont été traités les résidants. En premier lieu, elle conteste la vente d’un ensemble immobilier privé et occupé à un bailleur social en 2001. Le reste n’est que la conséquence de cette acquisition initiale. Les recours déposés ne sont que la conséquence de la détermination de LOGIS-TRANSPORTS à vouloir vider et détruire des immeubles d’excellente facture et occupés par des personnes titulaires de baux privés. L’Association a engagé des recours, non pas pour le plaisir, mais contre des permis de démolir que LOGIS-TRANSPORTS et la SNC LES LOCATAIRES ont multiplié, en « découpant » la Résidence en plusieurs parcelles. Les autres procédures ont été engagées contre les Stés AXA, LOGIS-TRANSPORTS, et la Mairie de COURBEVOIE.

Notre sentiment : en France, les victimes deviennent donc des coupables lorsqu’elles ne plient pas face à la spéculation et à ses exigences !!! Elles deviennent les « méchants » qui veulent empêcher un projet tandis que les spéculateurs passent pour des « Messie ». Voici qui est pour le moins consternant… Nous n’en serions pas là aujourd’hui si ce projet avait été sainement étudié à la base par ses parties prenantes. Mais dans ce cas, il est juste de dire que la Résidence des Damiers, ses habitants et ses riverains, n’auraient jamais pu être les cibles d’un tel projet.

« Une saine renaissance », Libération 06 02 2012

Nous en parlions déjà en 2011…

Les « rénovations » sont l’avenir, les « démolitions » sont l’obsolescense… L’Humain doit être respecté et non dénié par une poignée d’hommes.

6 février 2012

Tour Bois-le-Prêtre, une saine renaissance

Par ANNE-MARIE FÈVRE

Architecture. L’Equerre d’argent 2011 récompense Frédéric Druot et le duo Lacaton & Vassal pour la restructuration radicale de cet ingrat édifice parisien des années 60.

La Tour Bois-le-Prêtre avant et après rénovation. – David Boureau

Avec fierté, madame F. fait visiter son nouveau duplex… qu’elle occupe depuis des décennies. Mais il a été complètement transfiguré. «On avait de toutes petites fenêtres, la façade tombait abrupte sur le vide.» Cette retraitée s’est vite habituée aux grandes baies vitrées qui donnent sur sa pimpante loggia. Elle l’a transformée en bar, en hommage à son défunt mari qui était musicien de cabaret. «Là, on a abattu un mur pour libérer la cuisine, ici un autre pour agrandir le salon.» Les chambres aussi sont ouvertes sur le jardin d’hiver, elle peut y héberger ses petits-enfants. Réelle impression d’être dans une maison perchée, plutôt que dans un F5 standard. «On a toujours eu une très belle vue sur Paris. Mais j’ai beaucoup plus de lumière, de confort, d’espace : tout a été refait à neuf, on circule mieux.» Cette locataire s’estime gagnante. Elle habite la Tour Bois-le-Prêtre, dans le XVIIe arrondissement de Paris, en bordure de périphérique nord.

Obstination. Comme bien d’autres buttes témoins des années 60, cette tour de logements sociaux aurait pu être détruite. Elle a résisté et du haut de ses 50 mètres, savoure sa transfiguration. A l’extérieur, sa façade vibre de nuances de gris argenté, un peu cinétiques. Sa volumétrie de demi-niveaux est accentuée, mise en valeur par des loggias et balcons qui s’y sont accrochés (lire page suivante). A l’intérieur, certains habitants ont repris possession de leurs logements recomposés et mieux desservis.

Ici, on ne s’est pas contenté d’un lifting de façade, comme en 2009 où la tour avait été repeinte en rose. Il s’agit d’une restructuration radicale, que l’architecte mandataire Frédéric Druot, associé au duo Lacaton & Vassal, ont mené avec obstination de 2006 à 2011. Cette métamorphose, conduite avec la Mairie de Paris, le bailleur social Paris Habitat, l’entreprise Batscop et les locataires, est récompensée par l’Equerre d’argent 2011, prix d’architecture français du groupe de presse Le Moniteur, remis ce lundi, à l’Hôtel de Ville.

«Réanimer». L’originalité de cette expérience tient aux convictions des trois architectes. Frédéric Druot est le concepteur, entre autres, du bâtiment des Bons Enfants, à Paris, pour le ministère de la Culture. Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, grand prix national d’architecture en 1999, ont réalisé l’école d’architecture de Nantes (Loire-Atlantique). Mais le trio a toujours défendu que «détruire, c’était gaspiller». Dans un livre de 2007, ils ont affirmé qu’il était possible de «réanimer» des immeubles modernes, même stéréotypés (1). «Il s’agit de ne jamais démolir, ne jamais retrancher ou remplacer, toujours ajouter, transformer et utiliser», écrivaient-ils. Ce manifeste, ils l’ont mis en pratique.

«On a beaucoup entendu dire que cette tour était moche, s’insurge Frédéric Druot. Comment peut-on dire cela d’un lieu où vivent, aiment, meurent des gens depuis 1962 ? Elle était devenue obsolète techniquement. Insalubre, car abandonnée par le bailleur. Un tuyau de toilettes fuyait sur seize étages. Mais la structure est très bien, nous l’avons gardée.»

En général, quand on s’attaque à ce genre de réhabilitation, on liste tout ce qui va mal, du hall d’entrée aux dégradations, pour définir un programme. Très technique. «Nous avons fait l’inverse, rétorque Druot, et établi ce qui allait bien. Nous avons estimé que la richesse de la tour, c’étaient ses habitants qui allaient devoir rester sur place pendant les travaux. Avec leur histoire Certains sont partis, mais ceux qui ont accepté ce jeu se sont organisés en amicale. Après de nombreuses consultations, ont été évaluées les suroccupations, les sous-occupations. Certaines familles ont pu accéder à des logements plus grands, des couples se sont repliés dans du plus petit. Ce qui a impliqué déménagements au sein de l’immeuble, changements de voisins, de vues. Des appartements témoins ont servi de refuges pendant le chantier. Un casse-tête, qui bousculait les habitudes, entre impatience et excitation. Car tout s’est déroulé en même temps, du décapage de la façade aux transformations intérieures. «De 96 logements, nous en avons fait 100, précise Druot. Nous sommes passés de 3 à 7 typologies, du T2 au T6, avec 16 configuration différentes, dont des duplex.» Dans les parties communes, le hall peint en vert, précédé d’un jardin planté, a été agrandi, le local de l’amicale y sert de vigie conviviale. Deux nouveaux ascenseurs rendent accessibles tous les étages. L’ensemble a gagné en légèreté et transparence.

Si le bilan de cette transformation relève de l’aventure architecturale et humaine, les bénéfices se comptent aussi en mètres carrés : la surface des seize étages est passée de 8 900 à 12 460 m2, les logements sont tous plus spacieux grâce aux extensions extérieures qui servent d’espaces interclimatiques. La consommation d’énergie est ainsi réduite passivement de 50%. Le calcul de base des loyers est conservé. Coût global de l’opération : 11,25 millions d’euros, bien moins onéreux qu’une destruction-reconstruction.

Stimulant. La Tour Bois-le-Prêtre va-t-elle servir de référence et démontrer que le patrimoine moderne de la reconstruction, si contesté (à juste titre parfois), est riche de qualités qui peuvent être bonifiées ? Ou restera-t-elle un cas d’école isolé ? Le prix de l’Equerre d’argent pourrait avoir un effet stimulant sur les bailleurs sociaux et les entreprises. «Nous sommes lucides, cela a été très difficile, conflictuel», admet Anne Lacaton. Sceptique, Frédéric Druot montre une tour voisine qui va être démolie par Paris Habitat. «Pourtant, c’est une réponse possible au manque crucial de logements sociaux en France, à moindre coût, et respectueuse de la mémoire des gens. Mais le ministre Benoist Apparu n’est pas là ! Et en France, qui pose cette question ? C’est un footballeur, Eric Cantona !»

(1 ) «Plus, les grands ensembles territoire d’exception», 2007, édition Gustavo Gill.

Des balcons volants

Par ANNE-MARIE FÈVRE

Depuis deux ans, Guillaume Meigneux filme le quotidien des habitants confrontés à la réhabilitation du bâtiment.

 

Des baies vitrées ont été ajoutées à l’immeuble. – David Boureau

Trois personnes sont scotchées devant leurs baies vitrées. Et attendent. Une plateforme en béton plane dans les airs, puis s’approche mystérieusement et vient s’accoler à leur appartement. C’est une loggia-balcon qui vient d’un seul coup agrandir leur salon. Cette scène, assez onirique, un peu fellinienne, est un extrait du film que Guillaume Meigneux, jeune architecte et vidéaste, tourne à la Tour Bois-le-Prêtre depuis décembre 2009. Et qui ne sera achevé qu’en janvier 2013. Dans le «bout à bout» d’images qu’il a montré à Libération, on vit entre poussière et cartons, ouvriers au travail et inquiétude d’une vieille dame : «Il va y avoir un ascenseur dans la cuisine, il vont tout casser !»

Un autre locataire imagine les nouveaux «virages» qu’il devra prendre pour aller dans sa chambre. Tous les décors, napperons en dentelle ou canapés design, se télescopent. Puis l’ambiance de fête, de bal, succède aux bruits des perceuses, lors des ré-emménagements ou à Noël. «Tout a été discuté, témoigne Guillaume Meigneux. C’est rare qu’un locataire soit consulté pour choisir son papier, sa baignoire ou sa douche. C’est une expérience inédite. Nous avons peu de connaissance sur de telles mutations de l’architecture moderne standard à une réinterprétation très contemporaine diversifiée.»

Avant, pendant, après… Ce film promet déjà de raconter toute l’épopée quotidienne, mais exceptionnelle, que les locataires ont vécue pendant la transformation de leur immeuble. «Mais il leur faut encore du temps pour avoir envie de tirer leur bilan.»

http://next.liberation.fr/culture/01012388043-tour-bois-le-pretre-une-saine-renaissance

http://next.liberation.fr/culture/01012388044-des-balcons-volants