Faudra-t-il raccourcir les tours jumelles ?

Une histoire de détail

En mars 2008, certains d’entre nous évoquaient déjà les problèmes que poserait l’éventuelle construction de tour(s), disons… d’une certaine envergure. La circulation aérienne était l’un d’entre eux, puisque les habitants de La Défense 1 et ses usagers sont tous bien placés pour savoir que les avions passent au-dessus de leurs têtes…

Vers la fin du printemps 2010, très agacée par le manège d’un hélicoptère (sans signe distinctif) qui survolait La Défense 1 deux fois par jour, tous les jours et à très basse altitude, l’une des résidantes avait contacté la Direction Générale de l’Aviation Civile. A cette occasion, la DGAC lui a appris des choses très intéressantes sur le survol en général de l’agglomération Parisienne, et de La Défense en particulier, depuis le 11 septembre 2001…

Pour un projet pharaonique et ultra médiatisé depuis trois ans, que certains points de détail comme, entre autres, celui de la circulation aérienne, n’aient pas été étudiés ni même soulevés avant aujourd’hui, est quelque peu surprenant…

LA DÉFENSE

Faudra-t-il raccourcir les tours jumelles ?

A cause des avions, les tours de plus de 300mn’ont pas droit de cité à La Défense, sauf exception. Le projet Hermitage pourrait en faire les frais, selon ses opposants.

FLORENCE HUBIN | 07.01.2011, 07h00

Peut-on construire des tours de plus de 300 m à La Défense sans perturber le plan de vol des avions de plus en plus nombreux dans le ciel francilien? La question est une nouvelle fois posée par un recours déposé par des élus de gauche de Courbevoie, qui contestent le projet de tours jumelles de la société Hermitage, envisagé en bord de Seine près du pont de Neuilly.

Cette limite de hauteur (exactement 304 m GNF, pour « nivellement général de la France ») imposée par le plan de servitudes aéronautiques (PSA) est bien connue des architectes et urbanistes. « C’est l’une des trois contraintes auxquelles sont soumis les projets de tours », confirme-t-on à l’Epadesa (établissement public pour l’aménagement de La Défense Seine-Arche), « les deux autres sont le respect du plan local d’urbanisme de la commune et la prise en compte des contraintes techniques de la construction sur dalle ». Or, le projet Ermitage Plaza, le plus ambitieux jamais imaginé pour le quartier d’affaires, bat tous les records de hauteur culminant à 323 m, avec deux tours de 91 et 93 étages. Pourtant, il ne serait pas concerné par cette restriction de hauteur, selon ses promoteurs. « Nous ne sommes pas touchés par le plan de servitudes aéronautiques, la limite passe juste derrière notre emprise foncière », assurait hier Emin Iskenderov, PDG de la société Hermitage, « La ville de Courbevoie a tenu compte de ce document pour établir son PLU (NDLR : plan local d’urbanisme), et notre projet respecte bien évidemment le PLU, qui autorise sur notre zone des constructions jusqu’à 365 m NGF. »

Le seuil de 300 m avait déjà été évoqué il y a quelques mois lors de l’enquête publique à Puteaux sur le projet Phare. Cette tour s’élèvera à 300 m au-dessus du sol de La Défense (c’est-à-dire 287 m au-dessus de la dalle) mais à 349 m GNF. L’avis rendu alors par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) était favorable. Il précisait : « Le projet porte sur la construction d’un immeuble culminant à 349 m NGF. Au regard de sa position et de sa hauteur, cet édifice se situerait en limite des servitudes aéronautiques, mais resterait compatible au plan réglementaire avec ce PSA. »

Le feu vert de la DGAC pour Phare est-il valable pour d’autres projets? Interrogée, la DGAC répond qu’elle n’a pas à se prononcer, pour l’heure, sur le projet Hermitage.

Mais l’avis favorable pour Phare signé en juin 2010 par le directeur de l’Aviation civile, Patrick Gandil, émettait une réserve sur les projets futurs. S’il « doit être possible » de poursuivre l’utilisation de l’actuel dispositif aérien « malgré l’érection de la tour Phare, compte tenu du caractère isolé de cette tour », « tel ne serait plus le cas si plusieurs édifices de hauteur supérieure à 304 m NGF venaient à être édifiés sur la zone de La Défense », précise le directeur de la DGAC. Une concentration de gratte-ciel de grande hauteur rendrait alors selon lui « inévitable une diminution significative » de la capacité des aéroports de Roissy et du Bourget. La hauteur des tours Ermitage reste donc aujourd’hui suspendue à l’avis de la Direction générale de l’aviation civile…

Le Parisien

Faudra-t-il raccourcir les tours jumelles – FH Le Parisien…

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