Les « DAMIERS », un combat très « David et Goliath »…

L’article que vous trouverez ci-dessous nous a été transmis ce jour.
Bien vu, relativement exact (enfin !), il révèle en partie la situation actuelle de la Résidence des Damiers…

« Les Damiers à la Défense : des logements contre des bureaux et vice-versa

250 familles contre deux tours de luxe, c’est le combat très ‘David et Goliath’ que mènent deux associations du quartier des Damiers à Courbevoie (92) contre le promoteur russe l’Hermitage.

Le 28 janvier 2008, les 250 locataires de ces immeubles de béton des années 1970, reçoivent un mot des plus explicites : « Logis transports (le bailleur propriétaire, filiale de la RATP qui gère du locatif social ndlr) a envisagé la vente de votre immeuble à un investisseur privé qui souhaite libérer l’immeuble ». Prière de déménager, donc. Car la vente ne sera effective que lorsque tous les appartements seront vides, prêts pour la démolition. A noter, les locataires n’ont pas pu exercer leur droit de préemption: il ne leur a jamais été proposé de racheter leur appartement à un prix préférentiel, comme cela doit normalement être le cas. Les trois bâtiments du front de Seine des Damiers, soit cinq bâtiments en tout, ont fait l’objet d’une promesse de vente en bloc d’Hermitage, à hauteur de 50 millions d’euros.

“Pour l’instant, les relogements se font à l’amiable”, explique Maya Arnouk, résidente aux Damiers depuis seulement trois ans, “mais on subit de fortes pressions, et tout le monde n’est pas égal devant le stress.” En effet, dès qu’un appartement se libère, il n’est pas réoccupé et les sanitaires sont démolis (une opération qui nécessite normalement un permis). Une porte blindée sans poignée est ensuite posée.

Quoiqu’il en soit, le relogement à l’amiable est la seule option dont dispose aujourd’hui Logis transport, qui n’a pas souhaité s’exprimer. Comme il s’agit d’un bailleur social, la partie des Damiers qu’il a rachetée a été décrétée logement social, malgré les revenus supérieurs au seuil du social de la majorité des occupants, et le fait que les immeubles étaient, au départ, de standing avec des matériaux de qualité et de grands espaces. Or, un bailleur social ne peut déloger ses locataires que s’il y a démolition. Et il ne peut y avoir démolition que si le logement est insalubre. Ce n’est pas le cas pour l’instant, mais cela pourrait le devenir, puisque, aux dires des habitants, Logis transport ne s’occupe pas des parties communes laissées à l’abandon, et n’a pas procédé au ravalement décennal obligatoire.

Les résidents s’associent pour résister contre le projet: Maya Arnouk mène l’association La défense des Damiers et Claire Augier est secrétaire générale du collectif Vivre à la Défense. Mobilisés, ils font pression sur leurs élus locaux, qui promettent de ne signer un permis de construire que lorsqu’ ils seront relogés. Mais rien contre le projet en lui-même. Et pourtant (ou pour cause), il est plus que controversé. D’abord, le promoteur lui-même pose problème : Filiale de Stroïmontage, une société russe tenue par deux proches de Vladimir Poutine, l’Hermitage Plaza est dans le collimateur de la justice. Elle est soupçonnée par l’opposition montévrinoise d’avoir acheté certains membres de la SEMM (société d’économie mixte de Montévrain) pour son projet ‘les Allées de l’Hermitage’.

Ensuite, le projet en lui-même pose problème. Dessinés par l’agence du célèbre architecte britannique Norman Foster –qui a remplacé le Français Jacques Ferrier-, il risque de changer définitivement le paysage de la Défense. Deux tours de plus de 320 mètres de haut (un tout petit peu moins que la Tour Eiffel, l’équivalent de 90 étages), 35 000 m2 de bureaux et un centre commercial, 500 appartements à plus de 10 000 € le m2, un hôtel de luxe, un complexe sportif de luxe… une toute nouvelle perspective pour le quartier familiale et paisible des Damiers.

Les tours Hermitage risquent enfin, de bouleverser le paysage. Construit en 1974 dans la mouvance futuriste, le complexe de cinq immeubles étagés des Damiers a été conçu pour faire le lien entre les immeubles bas de Neuilly-sur-Seine et les tours de La Défense. Un système de passerelles permet aux habitants d’accéder aux commerces, aux écoles et au métro sans jamais croiser une seule voiture.“Il fait bon vivre aux Damiers”, assure Maya dans un soupir. Certains appartements ont en effet des terrasses pouvant aller jusqu’à 120m² avec vue sur la Seine, Neuilly, puis Paris. “Si vous vous penchez vers la droite, vous pouvez apercevoir la tour Eiffel”, explique fièrement Maya depuis son balcon.

Mais les habitants peinent à désigner un responsable. Hermitage n’est pour l’instant qu’un acheteur potentiel. La vente n’est pas signée, rien n’a été officialisé auprès des locataires mais le projet des tours jumelles est bel et bien affiché sur son site Internet. Le promoteur a refusé de communiquer sur la question. Logis Transport se défile, et les politiques se renvoient la balle avec aplomb. Le maire se dédouane en invoquant le préfet, qui pointe du doigt l’EPAD.

Autre problème de taille pour les habitants, les guerres intestines qui les divisent et les affaiblissent face aux puissances qu’ils doivent affronter… Dans un contexte parfois proche de la paranoïa, chaque association s’accuse du pire. Les uns pensent que les autres sont soutenus par des politiques intéressés. Ils s’accusent de se réunir pour faire diversion et cacher les vrais coupables.

En attendant, et pour être sûrs que les locataires qui s’accrochent réfléchissent de nouveau : l’entretien des communs n’est plus effectué, certains locataires reçoivent des propositions financières et quand ils refusent, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Certains évoquent des menaces déguisées, comme des référés comminatoires, procédures judiciaires temporaires et rétractables simplement pour les ennuyer, racontent les élus de « Une autre ambition pour Courbevoie ».

Hermitage, filiale de Stroïmontage et Logis Transports, filiale de la RATP : deux promoteurs bien différents

Stroïmontage

Créée en 1994 par deux jeunes entrepreneurs de Saint-Pétersbourg, Sergueï Polonski et Arthur Kirilenko, la société connaît une croissance fulgurante et sont à l’origine des fameuses tours de la Fédération à Moscou (500 mètres de haut). Après Montévrain, Hermitage a entamé en février 2008 la construction de 19 000 mètres carrés de logements à Mantes-la-Jolie, puis, en 2009, de près de 50 000 mètres carrés à Carrières-sous-Poissy. Elle a réalisé 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en France en 2007 et le groupe dit viser les 100 millions d’euros en 2009.

Logis-Transports

Logis-Transports est une filiale de la RATP gérant un patrimoine locatif social depuis sa création, en 1959. Elle gère 5 520 logements répartis sur 6 départements de la région parisienne. Possédée à 88% par la RATP, ses deux autres principaux actionnaires sont la Régie Immobilière de la Ville de Paris (RIVP) et le Groupement Interprofessionnel pour la Construction. Sa mission initiale est de loger les agents de la RATP, qui représentent à ce jour 48% des locataires. Logis-Transports est également propriétaire de 395 foyers, 91 résidences et 59 commerces.

Léa KHAYATA et Salomé LEGRAND

http://ramdamenregion.blog.lemonde.fr/2010/02/09/les-damiers-a-la-defense-des-logements-contre-des-bureaux-et-vice-versa/


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